Compte tenu de la configuration particulière de Marie par rapport au Christ, son passage à la gloire est tout à fait exceptionnel et constitue en fait un exemple dans l’histoire du salut. Après la définition du dogme de l’Assomption par Pie XII en 1950, la liturgie de cette solennité a été restructurée afin d’exprimer de manière adéquate le mystère de la glorification de Marie. La réforme liturgique de Vatican II a procédé à une nouvelle révision des textes et a ajouté un formulaire pour la messe du soir de la veille. La messe du jour a largement conservé les textes de 1950, mais les lectures non évangéliques et la préface propre sont entièrement nouvelles.
Eucologie du missel : le signe (= mystère) de la solennité est surtout développé dans la préface qui, largement inspirée de la Constitution Lumen Gentium (n° 68), offre une belle synthèse de la signification christologique et ecclésiale de la célébration mariale : la Mère de Dieu élevée au ciel, dont le corps n’a pas connu la corruption, est devenue l’image de l’Église…accomplissement du mystère du salut… signe de consolation et d’espérance certaine pour le peuple de Dieu en pèlerinage sur la terre.
Apocalypse 11, 19a ; 12, 1-6a. 10ab : on voit simultanément Marie et le peuple de Dieu. En effet, la lutte du dragon contre la femme et son fils est une représentation du combat entre l’Église et le royaume du mal. Nous sommes dans la période de la deuxième persécution, celle déclenchée par les empereurs romains contre les chrétiens considérés comme athées et donc passibles de mort, parce qu’ils n’observaient pas les règles imposées par l’empereur à toutes les religions considérées comme telles. Bien sûr, l’Église remportera cette bataille épique, car elle est guidée par le Saint-Esprit.
Dans la deuxième lecture, 1 Corinthiens 15, 20-26, Paul proclame que le Christ est ressuscité comme prémices de ceux qui dorment. La résurrection du Christ est le fondement de la résurrection de ceux qui sont du Christ, d’ t donc avant tout de sa mère : elle qui, plus que toute autre créature, est du Christ, participe déjà à la gloire du Fils.
Enfin, dans le texte évangélique, tiré de l’Évangile de Luc, on lit non seulement la première partie du Magnificat telle qu’elle est écrite dans le Missel de la liturgie tridentine, qui n’en rapporte qu’une partie, mais le chant marial dans son intégralité (Lc 1, 39-56). Dans ce passage, on lit la joyeuse espérance de l’Église d’être elle aussi destinée à partager la même glorification accordée à l’avance à la mère de Jésus.
La lecture biblique de l’Office des lectures (Ep 1, 16 – 2,10) annonce la participation des chrétiens au triomphe du Christ sur la mort. Les lectures brèves des Laudes et des Vêpres développent le même thème. La lecture patristique rassemble, à travers la constitution dogmatique Munificentissimus Deus de Pie XII (1950), le témoignage de la foi des Pères des Églises orientales dans l’Assomption de Marie.
La solennité de l’Assomption de Marie au ciel nous amène à réfléchir sur le point le plus important de la vie chrétienne : à tes fidèles, ô Seigneur, la vie n’est pas enlevée, mais transformée (cf. Préface I de la messe des défunts).
En effet, un chrétien doit être certain qu’à la fin de sa vie terrestre, il se trouvera face au Père, qui l’aime d’un amour gratuit.
Quand nous disons qu’au paradis, Marie est vierge de corps et d’âme, nous voulons affirmer qu’au paradis se trouve la même personne qui a vécu à Nazareth avec Joseph et Jésus, et non quelque chose de spirituel indéfini. Ce concept est fondamental, car il confirme que nous irons au paradis, que nous serons les mêmes personnes qui ont vécu sur cette terre et non une sorte de fantômes spirituels : nous serons nous-mêmes et nous nous reconnaîtrons ! Pensez à combien cela sera beau ! Nous vivrons la vie de Dieu sans problèmes. Au paradis, il n’y a pas de problèmes, mais tout sera beau et révélé. Nos défauts et ceux des autres n’existeront plus.
Le terme « corps » a été introduit pour clarifier la présence que nous aurons dans la gloire. Car dans le monde païen qui adorait les dieux, ceux-ci n’étaient pas des hommes et ne partageaient rien de notre vie, se moquant souvent de l’humanité.
Au contraire, le Dieu chrétien est le père de tous, il aime tout le monde et a voulu librement partager avec nous la vie humaine.
Il est donc fondamental pour chaque personne de rencontrer le Ressuscité, afin de comprendre que Dieu est le père de tous et qu’il nous aime d’un amour gratuit. On comprend alors qu’il est nécessaire de suivre la vie du Christ et de ne jamais faire le contraire.
P. Giorgio Bontempi CM