Neuvaine à saint Vincent de Paul pour les migrants et les réfugiés

Du 18 au 26 septembre 2026, en préparation de la fête de saint Vincent de Paul, la Congrégation de la Mission propose une neuvaine dédiée à celles et ceux qui sont en chemin. Neuf jours, neuf routes migratoires réelles : le Darién, le désert mexicain, la Méditerranée centrale, la mer Rouge, le Sahel, la route atlantique vers les îles Canaries, le golfe du Bengale, les Balkans et les Andes. Il ne s’agit pas simplement d’un exercice sur l’actualité. C’est la manière la plus fidèle de célébrer un saint qui a consacré sa vie à organiser des secours pour ceux qui fuyaient les guerres de son époque

Qu’est-ce que la neuvaine à saint Vincent de Paul ?

Une neuvaine est un chemin de prière qui dure neuf jours consécutifs et prépare à une fête. La neuvaine à saint Vincent se déroule pendant les neuf jours qui précèdent le 27 septembre, mémoire liturgique du fondateur de la Congrégation de la Mission et des Filles de la Charité.

Quand prier : du 18 au 26 septembre.

Combien de temps : quelques minutes par jour.

Qui peut participer : toute personne, seule ou en communauté. Il n’est pas nécessaire d’appartenir à un groupe vincentien.

Chaque jour suit la même structure : une donnée réelle sur la route migratoire du jour, un passage de l’Écriture, une parole de saint Vincent, les intentions de prière, le Notre Père et une question pour la réflexion.

Pourquoi une neuvaine pour les migrants ?

Saint Vincent connaissait de près ce que signifiait fuir. Pendant la Fronde et les guerres du milieu du XVIIe siècle, des milliers de personnes arrivèrent à Paris à la recherche d’un refuge, et les communautés qu’il avait fondées s’organisèrent pour les accueillir. Dans une lettre à une sœur préoccupée par le risque d’héberger des réfugiés chez elle, il lui répondit que ce serait un péché de renoncer, par peur, à une vertu aussi belle que la charité.

Ailleurs, il nota quelque chose qui reste particulièrement actuel : ces personnes ne comprenaient pas la langue et lui semblaient abandonnées, et c’était précisément cela qui éveillait sa compassion.

La barrière de la langue, l’isolement et l’indifférence qui les entourent. Les choses n’ont pas beaucoup changé.

Les neuf jours de la neuvaine

Jour 1 — Le bouchon du Darién (Colombie – Panama)

Plus de 500 000 personnes ont traversé la jungle du Darién en une seule année ; une personne sur cinq était un enfant, exposé à des conditions extrêmes et aux réseaux de traite des êtres humains (UNICEF / OIM).

La Parole : « J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger, j’étais un étranger et vous m’avez accueilli » (Mt 25,35). Jésus ne s’est pas contenté d’enseigner l’accueil : il a lui-même vécu l’exil en Égypte.

Saint Vincent : ne pas juger les pauvres et les étrangers sur les apparences, mais les regarder à la lumière de la foi, car en eux nous voyons l’image vivante du Seigneur.

Prions pour ceux qui traversent la jungle, en particulier pour les enfants qui y risquent leur vie.

Pour réfléchir : suis-je prêt à laisser cette prière transformer mon indifférence ?

Jour 2 — Les corridors du Mexique et la frontière nord (Mexique – États-Unis)

Cette route est considérée comme la route migratoire terrestre la plus meurtrière au monde : plus de 680 personnes meurent ou disparaissent chaque année en traversant les déserts et les fleuves (Projet Migrants Disparus / OIM).

La Parole : « N’oubliez pas l’hospitalité ; grâce à elle, certains, sans le savoir, ont accueilli des anges » (He 13,2).

Saint Vincent : lorsqu’une sœur craignait d’être dépouillée par les soldats parce qu’elle avait donné refuge à des réfugiés, il lui répondit que ce serait un péché de renoncer, à cause de ce danger, à une vertu aussi belle.

Prions pour ceux qui traversent ces corridors, exposés aux enlèvements, à l’extorsion et aux températures extrêmes du désert.

Pour réfléchir : est-ce que je vois les personnes en mouvement comme des chiffres et des informations, ou comme des personnes ayant une histoire et une famille ?

Jour 3 — La Méditerranée centrale (Afrique du Nord – Italie / Malte)

Plus de 22 000 personnes sont mortes ou portées disparues en Méditerranée centrale depuis 2014, ce qui en fait la route migratoire maritime la plus meurtrière au monde (HCR).

La Parole : « Pratiquez l’hospitalité sans murmurer. Que chacun mette au service des autres le don qu’il a reçu, comme de bons intendants de la grâce multiforme de Dieu » (1 P 4,9-10).

Saint Vincent : il se demandait s’il n’y avait pas un moyen de les réunir afin de les consoler et de les instruire, car ils ne comprenaient pas la langue et lui semblaient abandonnés.

Prions pour ceux qui risquent leur vie dans ces eaux et pour ceux qui subissent des violences dans les centres de détention avant d’embarquer.

Pour réfléchir : l’habitude de ces tragédies a-t-elle anesthésié ma capacité à souffrir face à tant de vies perdues ?

Jour 4 — La route de la mer Rouge et du Yémen (Corne de l’Afrique – Péninsule Arabique)

Plus de 300 000 migrants originaires de la Corne de l’Afrique traversent chaque année la mer Rouge en direction du Yémen, un pays en guerre (HCR / OIM).

La Parole : « Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5,9).

Saint Vincent : il demandait d’honorer le Christ, serviteur des pauvres, dans les enfants et les personnes dans le besoin, comme dans ces pauvres gens venus chercher refuge à Paris à cause des guerres.

Prions pour les migrants éthiopiens et somaliens exposés à la faim, à la soif et à la violence armée.

Pour réfléchir : de quelle manière est-ce que je défends la dignité de ceux qui ont été contraints de tout laisser derrière eux ?

Jour 5 — Le corridor du Sahel et du Soudan (Afrique subsaharienne)

Le conflit au Soudan et l’instabilité au Sahel ont contraint plus de 10 millions de personnes à fuir leur foyer (Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme).

La Parole : « Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi, je vous procurerai le repos » (Mt 11,28).

Saint Vincent : il décrivait ceux qui, contraints de fuir à cause de la guerre ou parce que leur maison avait été incendiée, devaient chercher refuge ailleurs, ainsi que le réconfort que représentait le fait de trouver quelqu’un disposé à les aider.

Prions pour les familles déplacées qui subissent la violence, le dépouillement et l’insécurité alimentaire.

Pour réfléchir : est-ce que je me contente de regarder de loin, ou est-ce que je dénonce l’injustice qui dépouille les plus pauvres de tout ?

Jour 6 — La route atlantique vers les îles Canaries (Afrique de l’Ouest – Espagne)

Environ 2 000 personnes perdent la vie chaque année en tentant de traverser l’Atlantique sur des embarcations précaires (OIM).

La Parole : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je le sais : tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera » (Jn 11,21-22).

Saint Vincent : lorsque nous aurons tout dépensé pour Notre Seigneur et qu’il ne nous restera plus rien, nous laisserons la clé sous la porte et nous nous retirerons.

Prions pour les jeunes et les familles qui embarquent depuis le Sénégal, la Mauritanie et le Maroc.

Pour réfléchir : quel monde avons-nous construit si tant de nos frères et sœurs doivent risquer la mort pour chercher la vie ?

Jour 7 — Le golfe du Bengale et la mer d’Andaman (communautés rohingyas)

Environ une personne rohingya sur sept qui tente la traversée par mer meurt ou disparaît (HCR / Nations unies).

La Parole : « Que chacun de vous ne cherche pas son propre intérêt, mais aussi celui des autres. Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus » (Ph 2,4-5).

Saint Vincent : être toujours prêts à leur tendre la main et à leur offrir toute sorte d’aide et de réconfort dans leurs plus grandes souffrances.

Prions pour le peuple rohingya et pour les personnes apatrides, en particulier pour les femmes et les enfants refoulés en mer.

Pour réfléchir : est-ce que je me réfugie dans la neutralité, ou est-ce que je décide de me faire proche ?

Jour 8 — La route des Balkans et la Méditerranée orientale

Des centaines de milliers de réfugiés subissent des refoulements violents et des températures inférieures à zéro ; jusqu’à 60 % des enfants présents dans ces camps présentent des signes de traumatisme psychologique grave (UNICEF / Médecins Sans Frontières).

La Parole : « Celui qui accueille un enfant comme celui-ci en mon nom, c’est moi qu’il accueille » (Mt 18,5).

Saint Vincent : ceux qui assistent les pauvres entendront le Seigneur leur dire, d’une voix douce et aimable : « Venez, les bénis de mon Père ».

Prions pour ceux qui sont bloqués par l’hiver, les frontières fermées et le manque d’accès aux soins.

Pour réfléchir : est-ce que je laisse les discours qui déshumanisent les migrants influencer ma position ?

Jour 9 — Le corridor andin et les caminantes (Amérique du Sud)

Plus de 7,7 millions de personnes ont quitté le Venezuela ; des milliers parcourent à pied plus de 1 000 kilomètres à travers les hauts plateaux andins glacials (Plateforme R4V / HCR).

La Parole : « Tu agis fidèlement en tout ce que tu fais pour les frères, même pour ceux qui sont étrangers. Tu feras bien de pourvoir à leur voyage d’une manière digne de Dieu » (3 Jn 5-6).

Saint Vincent : le devoir exact de la charité consiste à faire à chacun ce que nous souhaiterions raisonnablement que l’on fasse pour nous.

Prions pour les caminantes qui affrontent le froid des hautes montagnes, l’épuisement et la discrimination.

Pour réfléchir : quelles barrières invisibles de peur ou d’apathie est-ce que je garde encore dans mon cœur ?

Prière finale pour chaque jour

Seigneur Jésus, toi qui as connu la fatigue du chemin et l’absence d’un foyer, regarde nos frères et sœurs migrants. Par l’intercession de saint Vincent de Paul, accorde-leur protection sur leur chemin et force dans l’épreuve. Fais de nous des instruments de ta charité, capables de transformer la prière en gestes concrets d’accueil. Amen.

Questions fréquentes

Quand prie-t-on la neuvaine à saint Vincent de Paul ?

Du 18 au 26 septembre, pendant les neuf jours qui précèdent la fête du 27 septembre.

Peut-on commencer plus tard ?

Oui. Si l’on commence après le 18 septembre, on peut poursuivre pendant neuf jours consécutifs, même au-delà de la fête.

Doit-on la prier seul ou en groupe ?

Les deux sont possibles. Le texte est conçu aussi bien pour la prière personnelle que pour la prière communautaire.

Pourquoi le thème de cette année est-il celui des migrants ?

Parce que le service de ceux qui fuient la guerre et la faim fait partie de l’histoire de la Congrégation depuis ses origines.

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