Dans sa lettre importante, publiée le 4 août 2024, le pape François souligne que les romans et les poèmes vont bien au-delà du simple divertissement : ils sont des instruments essentiels de maturation spirituelle et personnelle, en particulier pour les prêtres et les missionnaires de la Congrégation de la Mission.

Dans sa lettre sur le rôle de la littérature dans la formation, publiée le 4 août, le pape François exalte la valeur de la lecture de romans et de poèmes comme un outil indispensable à la croissance personnelle et spirituelle de tout chrétien.
Il affirme que la lecture enrichit notre vie en élargissant le vocabulaire, en aiguisant l’imagination, en améliorant la concentration, en apaisant le stress et — surtout — en favorisant l’empathie grâce à une implication personnelle dans les récits. Dans ces moments de lecture, nous « réécrivons en quelque sorte » les textes à partir de notre expérience vécue, ce qui rend chaque rencontre unique (voir Vatican News).
Négliger la formation littéraire conduit à un appauvrissement spirituel et intellectuel. Le pape François met en lumière les dangers qu’il y a à considérer la littérature comme une « expression mineure » de la culture, avertissant que cette négligence limite l’accès des séminaristes au cœur de la culture humaine et de l’empathie (article du Guardian).
Comment la littérature nous touche-t-elle spirituellement ?
En citant Vatican II, François souligne que la littérature exprime la condition humaine : la joie et la souffrance, le désespoir et l’espérance. L’ignorer, c’est renoncer à un dialogue véritable avec les réalités vécues par les personnes. La littérature évite aussi de proposer un « Christ sans chair », en nous rappelant que l’Évangile doit s’incarner dans des expériences humaines concrètes.
Au-delà de la créativité, la littérature entraîne l’âme. Elle fonctionne comme une sorte de « gymnase de discernement » où les lecteurs, en particulier les séminaristes et les missionnaires, affrontent leurs combats intérieurs, exercent l’empathie et grandissent dans la conscience spirituelle.
La lecture nous permet de voir à travers les yeux d’autrui : de ressentir les larmes d’un enfant abandonné ou d’être témoins des luttes des personnes marginalisées. Cette empathie imaginative nourrit les vertus qui sont au cœur de la spiritualité vincentienne : la compassion, la miséricorde et la solidarité.
En définitive, la littérature nous aide à redécouvrir notre vocation à nommer la création, à « nommer » le sens, à faire advenir la communion — faisant ainsi écho à la fois à la mission du poète et à l’appel du missionnaire. Elle ouvre un chemin vers les mystères de l’humanité, en façonnant une évangélisation et une présence pastorale plus authentiques.
Pour la Congrégation de la Mission, les intuitions du pape François nous invitent à intégrer la littérature dans la vie spirituelle quotidienne. La lecture prépare les missionnaires à comprendre et à consoler, à discerner les vocations et à communiquer avec les pauvres avec empathie et sensibilité culturelle.
La lettre du pape François nous invite à retrouver la puissance transformatrice de la littérature. Dans notre monde accéléré, centré sur les écrans, la lecture n’est pas facultative : elle est nécessaire. La littérature nous appelle à écouter la voix de quelqu’un et, ce faisant, elle révèle la voix du Christ dans l’histoire humaine (article du Guardian).
Girolamo Grammatico