401 ans après sa fondation, la Congrégation de la Mission est appelée à préserver la mémoire de son charisme et à le réinterpréter à la lumière du présent.
Entre discernement théologique et élan pastoral, l’héritage vincentien continue de désigner les pauvres comme un lieu vivant de conversion et de mission.
Parfois, Dieu confie notre fidélité à une voix discrète : quelqu’un qui ne nous remplace pas, mais qui nous aide à y voir plus clair.
Pour saint Vincent, cette présence avait un nom : André Duval.
Le 25 janvier, jour de la fête de la conversion de saint Paul, nous célébrons les 409 ans de l’intuition née à Folleville.
Dans le silence d’un confessionnal, Vincent de Paul a rencontré le Christ ressuscité : c’est là que commence notre « aventure » missionnaire.
Aujourd’hui, dans les différentes cultures, le charisme nous demande des communautés qui soient un refuge et une fraternité « d’amis chers », capables de susciter des vocations.
Quand on lit les lettres de saint Vincent et les récits de sa vie, on tombe tôt ou tard sur cette phrase qui semble résumer toute son expérience : certaines jeunes filles, en discutant avec lui, disent s’être « livrées à Dieu dans la personne des pauvres ».
Quand on pense à Saint Vincent de Paul et aux pauvres, on pense aux paysans des campagnes françaises ou aux mendiants de Paris. Mais si l’on se plonge dans ses lettres et ses documents, le tableau s’élargit : apparaissent alors des lépreux, des aveugles pauvres, des forçats, des prisonniers, des filles « débauchées », des femmes blessées dans leur âme.
C’est le monde de ceux que nous appellerions aujourd’hui les « exclus » : des personnes que la société préfère ne pas voir.