Vocation missionnaire : redécouvrir l’appel au cours du Mois missionnaire

Au début du mois d’octobre, Mois missionnaire, l’Église et la Congrégation de la Mission nous invitent à réfléchir au sens profond de notre réponse vocationnelle. Il ne nous est pas demandé de réaliser des projets impossibles, mais de garder nos cœurs ouverts et disponibles pour avancer vers les périphéries.

Une rencontre qui transforme la vie

La mission vincentienne n’est jamais née d’un projet abstrait élaboré à un bureau. Comme nous le rappelle le Supérieur général, le Père Tomaž Mavrič, CM, dans sa lettre pour la solennité de notre Fondateur :

« Saint Vincent n’est pas parti d’un projet déjà achevé ; il est parti d’une rencontre, d’un pauvre qui avait un visage et un nom, et à partir de là, il a laissé Jésus écrire la suite. » (P. Tomaž Mavrič, CM, Lettre à la Famille vincentienne, 15 septembre 2026).

Pour les prêtres et les frères de la Mission, redécouvrir notre vocation signifie revenir à cette première rencontre qui nous a profondément interpellés et touchés. Saint Vincent de Paul ne se lassait pas de rappeler aux premiers missionnaires la grandeur et la beauté de notre engagement :

« Notre vocation consiste à aller, non pas dans une paroisse, ni seulement dans un diocèse, mais dans toute la terre. Et pour faire quoi ? Pour enflammer le cœur de tous les hommes. » (Saint Vincent de Paul, Œuvres complètes, XIb, 553).

« Unis dans le Christ, unis dans la mission »

Dans son message pour la 100e Journée mondiale des missions, le pape Léon XIV s’adresse à l’Église universelle sous la devise « Unis dans le Christ, unis dans la mission », nous invitant à renouveler notre zèle apostolique :

« Laissons-nous guider et inspirer par la grâce divine, afin de “renouveler en nous le feu de la vocation missionnaire” et d’avancer ensemble dans l’engagement pour l’évangélisation, dans “une nouvelle époque missionnaire”. » (Pape Léon XIV, Message pour la 100e Journée mondiale des missions, 18 octobre 2026).

Le Saint-Père souligne que la mission exige « des cœurs unifiés dans le Christ, des communautés réconciliées et, en chacun, la disponibilité à collaborer avec générosité » (Ibid.). Cette unité dans le Christ est la véritable source de la vitalité vocationnelle de la Congrégation de la Mission, appelée depuis ses origines à poursuivre le mode de vie de Jésus-Christ lui-même, évangélisateur des pauvres.

La beauté de notre vocation : rester disponibles

Parfois, la surcharge pastorale, la fatigue ou les défis de cette époque de changements peuvent nous faire perdre de vue la joie du service. Pourtant, le Père Tomaž Mavrič, CM, nous offre une certitude qui réconforte et ravive le courage de chaque confrère :

« Voilà la beauté de notre vocation : elle ne nous demande pas d’être extraordinaires, mais de rester disponibles. Elle ne nous promet pas des chemins faciles, mais nous assure qu’aucun pas accompli en faveur des pauvres n’est perdu. Avançons donc, sans peur et sans précipitation, mais ensemble. » (P. Tomaž Mavrič, CM, Lettre à la Famille vincentienne, 15 septembre 2026).

Saint Vincent le résumait avec la simplicité de celui qui a tout donné : « Notre vocation est de continuer la mission du Fils de Dieu » (Saint Vincent de Paul, Œuvres complètes, XII, 80). Il ne s’agit pas de se glorifier de grandes réalisations humaines, mais d’offrir nos bras et nos cœurs afin que l’amour de Dieu devienne concret dans la vie des personnes les plus abandonnées.

Pour toutes ces raisons, ce Mois missionnaire n’est pas simplement une date liturgique ou institutionnelle dans le calendrier, mais une occasion providentielle de nous arrêter au milieu de la course quotidienne, de renouveler nos cœurs et de nous laisser à nouveau interpeller par le Seigneur. Accueillir cet appel ne nécessite pas de grandes structures, mais une attitude constante d’écoute, d’humilité et de fraternité. Pour incarner aujourd’hui cette spiritualité dans notre chemin missionnaire quotidien, nous vous proposons trois attitudes fondamentales :

  1. Revenir au « Premier Amour » : Prenez un moment au cours de votre journée pastorale pour vous rappeler ce moment personnel où vous avez senti l’appel à suivre le Christ dans la Petite Compagnie.
  2. Cultiver la disponibilité : Demandez-vous aujourd’hui quel attachement, quel confort ou quelle idée préconçue vous devez abandonner pour aller à la rencontre de celui ou celle qui a besoin de vous.
  3. Marcher ensemble : La mission n’est jamais une tâche individuelle ; renouvelez la fraternité avec vos confrères au sein de la communauté, en vous soutenant mutuellement par la prière partagée.

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