Pourquoi continuer a proposer au monde la vocation du mssionnaire vincentien ??

La première question devrait être différente : que perdrait le monde si nous abandonnions de proposer cette vocation ? Parce qu’il se pourrait que la figure du missionnaire vincentien est d’un autre temps : des prêtres et des frères envoyer évangéliser aux pauvres, parcourir les peuples, former les prêtres et servir les communautés abandonnées. De nombreuses de ces situations ont changée ; cependant, quatre siècles plus tard, demeure intacte une réalité qui a été à l’origine de notre vocation : il y a encore des personnes dans lesquelles personne ne va.

Notre monde est extrêmement extraordinaire connecté, et paradoxalement, produit de nouvelles formes d’abandon. IL y a ceux qui vivent loin géographiquement, mais aussi ceux qui sont éloignés parce que la société les a rendus invisibles ; les anciens qui vivent seuls, les migrants qui n’ont pas de lieu, des jeunes qui ont perdu le sens de la vie, des familles brisées, des malades oubliés, des personnes prises dans de nouvelles dépendances et des peuples posés aux marges de la société. Les périphéries ont changé de visage, mais elles n’ont pas disparu.  

C’est là précisément que notre vocation de missionnaire vincentien conserve toute son actualité. Saint Vincent n’a pas fondé la Congrégation de la Mission pour conserver une œuvre, mais parce qu’il a découvert l’urgence. Notre mission, disait-il, consiste à “donne Dieu à connaître aux plus pauvres, à leur annoncer Jésus-Christ, à leur dire que le règne de Dieu est pour les pauvres” (SVP XI, 387). Pour cela la question qu’il nous faut nous poser n’est pas simplement comment conserver ce que saint Vincent a commencé, mais là il nous enverrait s’il était au milieu de nous.   

Ceci serait probablement une des raisons les plus profonds pour continuer à proposer notre vocation : l’Eglise a besoin d’hommes disponibles pour aller où d’autres ne vont pas. Le missionnaire vincentien n’a pas organisé sa vie seulement autour de ce qui l’attirait ou lui est facile. Il a été appelé à être disponible. Il peut se trouver dans une paroisse populaire, une mission rurale, une œuvre éducative, formé des prêtres et des laïcs ou servir une nouvelle réalité que nous n’avons pas encore imaginer. L’important n’est pas le lieu, mais la question qui accompagne sa vie : qui aujourd’hui exige que nous allions vers lui ?  

Cette disponibilité résulte spécialement significative dans une culture qui invite fréquemment à construire l’existence autour de soi. Le pape François rappelait dans Christus Vivit que la vocation est précisément cet appel au “service missionnaire des autres” (CV 253) et il affirmait quelque chose d’encore plus radical “notre vie sur la terre atteint sa plénitude lorsqu’elle se convertit en offrande” (CV 254). Pour cela, il vaut la peine de continuer à dire à un jeune qu’il existe une autre manière de construire son avenir : non seulement en se demandant qui veut réussir sa vie, sans se demander à qui il veut la donner.  

Il existe aussi une autre raison pour que la vocation vincentienne continue à être actuel. Le monde ne nécessite pas seulement des services pour les pauvres ; il doit les rencontrer. Nous pouvons créer des institutions efficaces, développer des projets sociaux et administrer professionnellement nos œuvres –et nous devons bien le faire- mais aucune structure ne peut remplacer la rencontre.  Le pauvre a un visage, un nom et une histoire. Pour cela saint Vincent avertit ses missionnaires qu’il ne suffit pas de répondre aux besoins spirituels laissant de côté les temporels “nous devons les assister et faire qu’ils soient assistés de toutes les façons” (XI, 393). Évangéliser signifie s’approcher, écouter, servir et même permettre que la vie du pauvre questionne la nôtre.  

Ce regard revêt une actualité surprenant dans ce que dit Magnifica humanitas. Le Pape Léon XIV, contemple le Magnificat de Marie, invite à regarder le monde “d’en bas, avec yeux de ceux qui souffrent, pas des grands” (MH 244). C’est pour une grande partie la vision vincentienne. Le missionnaire essaie de contempler l’histoire de lieux qui n’occupent habituellement pas le centre : depuis le pauvre, le malade, le migrant, l’abandonner. Et qui de cela découvre non seulement les besoins à combler, mais aussi la mystérieuse présence de Dieu qui continue à agir dans l’histoire.  

C’est pour cela qu’il ne faut pas de chercher nos jeunes qui veulent maintenir nos œuvres. Si nous présentons uniquement parce que nous avons besoin de personnel pour soutenir nos institutions, nous aurons énormément réduit la proposition de saint Vincent. Nous avons besoin de vocations pour survivre ; nous avons besoin de vocation qui vont être envoyées, et l’étant, elles puissent rencontrer les pauvres. Ne cherchons pas à remplacer ceux d’entre nous qui vieillissent, mais des hommes passionnés par Jésus-Christ capables de découvrir les nouvelles périphéries pour y porter la créativité de la charité Christus Vivit nous anime spécialement à n’avoir pas peur de cette proposition : “Nous pouvons nous risquer, et devons le faire, le dire à chaque jeune qui se questionne pour la possibilité de continuer ce chemin” (CV 274).  Y peu après ajoutons une conviction qui devrait secouer nos craintes vocationnelles : “si tu reconnais un appel de Dieu et le suit, c’est ce qui te comblera” (CV 276).   

Tandis qu’il y a quelqu’un qui a besoin d’entendre que Dieu ne l’a pas oubliée, il y aura besoin de missionnaires. Tandis qu’existent des lieux auxquels peu souhaitent aller, des personnes que peu désirent écouter et des blessés que beaucoup souhaitent éviter, continuer à proposer la vocation missionnaire continuera à avoir du sens. Notre préoccupation ne devrait peut-être pas être seulement s’il y a des jeunes capables de répondre à cette vocation. Nous devrions nous demander avant cela, si nous présentons une vocation qui vaut la peine de donner sa vie.  

Tito Romero, CM. 

Provincia du Pérou 

Traduit par Bernard Massarini, CM

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